Conjoncture économique et financière n°70 : les raisons d’une inflation faible en zone euro

Depuis 2014, la zone euro se distingue par un net ralentissement de l’inflation hors énergie et alimentation. Selon nos estimations, ce phénomène s’explique par la faiblesse de la demande et le ralentissement des coûts de production, essentiellement salariaux. Cette faible inflation persiste longtemps après la crise du fait du comportement de marge des entreprises.

Les principaux déterminants de l’inflation confrontés au cas de la zone euro

Inflation par la monnaie : selon la théorie quantitative de la monnaie, tout accroissement monétaire supérieur à celui de l’activité en volume se traduirait par un ajustement à la hausse des prix à la consommation. Or, l’analyse empirique sur longue période montre que l’évolution de la masse monétaire est de moins en moins corrélée à celle de l’inflation (graphique 1). Une explication possible serait de dire que le surcroît de masse monétaire en circulation serait davantage alloué aux placements (actions, immobiliers, obligations) qu’à la consommation de biens et services. Par conséquent, la hausse de la masse monétaire ne générerait que peu d’inflation dans les économies très financiarisées, comme la zone euro.

Inflation par les coûts : les coûts de production impactent le niveau des prix via les coûts salariaux unitaires et les consommations intermédiaires, essentiellement les matières premières énergétiques. Depuis 2014, le coût des matières premières a sensiblement diminué suite à l’effondrement des cours du pétrole. Quant aux coûts salariaux unitaires, leur croissance a également fléchi ces dernières années. La situation sur le marché du travail s’est en effet détériorée sous l’effet des consolidations budgétaires des entreprises privées et des administrations publiques après l’avènement de la crise souveraine en 2012. Cela a notamment engendré des pressions baissières marquées sur la dynamique des salaires

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